
Les enfants, je sais que le genre est loin d'être sous-représenté ici, mais voilà tout de même pour les amateurs de bizarreries bruyantes encore un peu de black metal tendance experimental très original et pas rigolo pour un sou. Et du genre
vraiment méchant pour le coup. Vicieux, malsain, nihiliste, plus true que n'importe quelles merdes estampillées LLN, aussi ésotérique que [insérer ici une référence à un ordre hermétiste pour faire bien], cru comme steak tartare. Une liste d'épithètes très classiques il est vrai, mais loin d'être galvaudés. Les plus mauvaises langues pourraient demander si il s'agit vraiment d'un album de black dont il est question, et elles n'auront pas forcément tort: Le matériel utilisé est de nature très variée, et entre les choeurs rituels monotones, les instants néofolks louches, les stridences et les superpositions de couches sonores noisy qui virent très vite au Pandemonium, les éléments black se fondent pour ainsi dire dans la masse.
Mais la parenté est incontestable. On a ici affaire à quelque chose de sombre et de radical jusqu'au bout des ongles. Pas de chichis, pas d'artifices, pas de compos torturées, ni de développements complexes et chiadés, pas même de belles textures à inhaler. La production, crade ET plate ne met absolument rien en valeur. Tout est, à l'image des mains qui se contorsionnent sur la pochette, dégénéré, laid, redondant, incroyablement statique. Mais c'est pour mieux t'écorcher, te corroder, te détruire mon enfant, tout minimaliste et dépouillé qu'il est, pour ça il est redoutable.
Car c'est de cet ascétisme pervers qu'il tire toute sa puissance maléfique. Les premières écoutes du monstre, pour le dire franchement, peuvent se révéler assez frustrantes voir presque insupportable, la faute à cette inquiétante absence de dynamique et à cette malignité qui s'épanouit de façon si surprenante dans un terreau qu'on jurerait stérile. Pour reprendre les dires d'un grand homme, l'apprivoiser n'est pas une mince affaire, mais le résultat en vaut le détour. La voilà la malfaisance. Huhuhuhuhum.. Est-ce que c'est bien raisonnable tout ça?
Rien à voir avec la musique, mais outre le très beau livret, je signale que les paroles de "Sleep has his house" sont du sieur David Tibet, ce qui n'a rien d'étonnant. Je ne sais pas pour mes collègues, mais ma prochaine marchandise sera un peu plus... colorée? Pas de flac pour cette fois, mon bel Internet ayant décidé de jouer à cache-cache.
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