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14/02/2012

Almir Sater - Instrumental (1985)


Eu não sou sertanejo. Eu sou pop. Eu sou roqueiro. Não escuto música sertaneja em casa. Escuto violeiro pontear a viola e não tem nada a ver com sertanejo. Violeiro é instrumentista, é bandeira brasileira...[1]
On se laisse aisément charmer par la guitare 10 cordes (ou plus) d'Almir Sater, musicien du Mato Grosso. A ce fervent défenseur du Pantanal, je reconnais une aptitude à balader l'auditeur dans sa verdure de moins en moins vierge, mais toujours innocente. Il sera difficile pour beaucoup de ne pas le qualifier de "sertanejo" (grosso modo : country) mais il faut véritablement voir plus loin. Cet album doit plutôt être vu comme un étendard de la musique "folk" du Brésil, voire mieux.
Comme je suis justement au Brésil pour les 4 prochains mois d'ici 10 jours, cela tombe bien. 
Puis ça faisait un bail que je n'avais rien uploadé :/


 mp3 320kbps

Ah et puis j'ai mis à jour les liens de Solid Space, Lounge Lizards et de T. Monk 

17/01/2012

((( vlubä ))) - WHNZ:32:Abramàlaga (2011)


Quels sont les points communs entre Vlubä et les groupes de Witch House? L'amateurisme juvénile et éhonté et les titres d'albums qui ressemblent beaucoup à des problèmes d'encodage ou de message de bug informatique. La différence? Un seul des deux partis vaut la peine qu'on s'y intéresse. À toi de deviner lequel! Après vous avoir noyé dans le drone, je me permets de vous revitaliser brutalement avec de la freak folk noiseuse artisanale bien hardcore: Ce post s'inscrivant dans la graaaaande tradition des entrées traitant de musique psychédélique et bruyante, attendez vous à quelque chose d'assez acide. Free folk, pour la guitare bardée d'effets jouant mal ses motifs simples sur une pulsation binaire hypnotique et appuyée. Ça c'est pour les passages les plus intelligibles qui s'interposent entre les hurlement de larsen à vous faire passer Bird and Person Dyning d'Alvin Lucier pour un album agréable et les bonhommes de Sunn pour des gratteux au son propre: La preuve avec le nom du groupe, ça dégueule de feedback des deux cotés tant il est utilisé, que ça soit en grosses déflagrations massives et gratuites, en riff déguisés, monstruosités à la Haino ou trame sonore pour improvisation alien. Qui miaulent, les aliens. j'aurais bien du mal à vous retranscrire le reste. J'ajouterai cependant qu'on retrouve encore une fois cette ambiance très instable et (en toute logique) onirique commune à beaucoup d'albums de drogues auditives, et c'est justement ce caractère insaisissable et chimérique qui m'enlève les mots de la bouche. Alors qu'on soit d'accord, c'est bancale, je le répète, parfois un peu gratuit (un enregistrement d'eau qui coule et de bruit de sachet plastique pour introduire une piste de noise rock à la Skullflower? Ça marche!) et douloureux pour les oreilles. Mais quand même, quelle folie.

Gata Peluda enregistrée dans une autre dimension tu dis? On te croit sur parole garçon, tout cela n'est pas raisonnable et n'a rien de terrestre. Quelque part entre les oeuvres de jeunesse de Keiji Haino, Silvester Anfang, Yoga, à écouter ou télécharger ici chez mon nouveau fournisseur du moment.

08/05/2011

Keiji Haino - Black Blues (violent version, 2004)




















Sorti le même jour que son corolaire "soft" sur le label français Les Disques du Soleil et de l'Acier, ce Black Blues propose les mêmes titres - qui s'avèrent des reprises, rendues méconnaissables, de blues américain d'avant-guerre, ou de chansons d'Enka, musique populaire japonaise datant de l'ère Shōwa - disposés dans le même ordre que ceux de son homologue acoustique, mais amplifiés, cette fois, et hurlés d'une voix âpre, douloureuse, étranglée. Ne possédant qu'une seule partie du diptyque, je serais bien incapable de mettre cette version en relief avec l'autre. Néanmoins, je souhaite vous faire part de cette musique stupéfiante, quitte à rattraper le coup plus tard. Ce qui frappe ici, c'est moins le scrupule porté sur la mélodie, le "feeling" que sur une approche plus ouvertement physique, fiévreuse, "ritualiste". Compulsivement, à force d'insister sur un même pattern, Haino le transforme en un obsédant leitmotiv qui, lui aussi, ne cesse de changer et de se ressaisir, pour mieux s'épanouir dans la matérialité pleine, certes, mais soufferte et meurtrie d'un son pur, pure résonance et réceptivité crûment, violemment arrachés de ces lanières de guitares aux claquements secs, auxquels on n'adjoint aucun effet, n'était cette légère, anecdotique réverbération. Je n'ai jamais entendu chose analogue : le matière développée ici semble tenir sur trois fois rien, de par sa brute, inhumaine austérité, et pourtant, pourtant, cette dernière recèle une richesse captivante, bouleversante... pareil à Hendrix, Haino me semble être investi d'une vision personnelle, irréductiblement singulière et viscérale de la guitare, poursuivant une quête sonore qui appuie sur chaque fibre, chaque point névralgique : les accords de vive force arrachés vibrent nus, à fleur de peau ; leurs aigües crispent, poinçonnent et roidissent la nuque, quand enchaînés de plus en plus rapidement ils ne forment plus qu'une ligne au grain fluide et hurlant, funeste, comme si on cherchait à t'arracher de force le système nerveux, malgré les cris de désespoirs, de l'être qui se débat et freine des quatre fers, tourmenté par l'inéluctable... plus on s'avance dans cette cure, plus la fataliste intensité augmente d'un cran. Ainsi les bouleversants Drifting et See That My Grave Is Kept Clean, point de non-retour où quelque chose d'impossible cherche à s'extraire, à advenir ; et dans ces accalmies irréelles, rien qu'un ineffable vent de rouille soufflant sur la pâle surface des choses... à l'instar de celle jouée par Coltrane, cette musique ne semble avoir de raison d'être que motivée par la plus pressante, vitale des nécessités... par ailleurs, pour qui souhaite se familiariser avec le bonhomme, humble et sobre à bien des égards, une interview très intéressante traîne sur la toile, disponible ici .

Achetez ici / FLAC

30/12/2010

Silvester Anfang - Kosmies Slachtafval (2007)


Alors que tout le monde est en ce moment trop occupé à célébrer la nativité de notre suzerain et à jouir du faste orgiaque des festivités de fin d'année, j'introduis en lousdé un produit de contrebande belge qui saura satisfaire pour un temps les ardeurs des canailles pas encore assez rassasiées par les flots de liqueur au foi gras d'oie catholique.

De quoi est faite cette came? Deux longs titres qu'on pourrait traduire, si ce que l'on trouve sur le web est correct, par "Mon père était un loup et ma mère une pute" et "jam pour le jeune Satan", deux pistes coupées à la hache, pour environ 45 minutes d'une espèce de free folk bâtarde, de krautrock camé complètement hallucinant.

La pulsation omniprésente des percussions tribales et du tambourin s'occupe de donner le bon rythme et les bonnes couleurs à tout ce bordel de sonorités psychothropes, depuis les mantras de guitares -soutenues quelques minutes par les nappes d'un orgue assez discret- parfois aussi bavardes que leurs cousines moins consanguines d'Ash Ra Tempel, jusqu'aux drones planant dans lesquels résonnent de drôles de râles, hum. C'est plutôt sombre, louche, c'est même un peu crasseux comme petite cérémonie. Mais rien de bien méchant. On y prend très vite goût d'ailleurs. D'une justesse assez relative lorsque les grattes arrêtent un peu de baver leurs feedbacks magiques pour se concentrer sur des motifs plus mélodiques, c'est vrai.

Mais alors qu'est ce que c'est bon, une vraie bouffée d'opium frais. Un trip musical pas très sain improvisé par des freaks rigolos qui ont du pas mal carburer à l'Amon Düül en poudre. Une régalade pour tout les pervers qui moussent à la lecture des mots "rituel" et "occulte". Ah oui, en parlant de pervers: Matez-moi un peu cette pochette. Ceux qui comme moi ont apprécié le "Silver Apples" dont a parlé Arlie devraient peut-être aussi y jeter une oreille.

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07/12/2010

Bosse - Echoes of the Forgotten (2008)


Voilà un exercice qui s'annonce délicat: Parler d'une oeuvre aussi profondément douloureuse qu'elle est dépouillée sans faire preuve de trop d'impudeur ni de pathos excessif. Et ce serait lui faire outrage de ne pas s'en garder.

Car ici, si les larmes coulent, elles sont rares, et aussitôt absorbées par les draps d'une alcôve ou le sol d'un caveau. Plus froidement, un album d'avant-folk très minimaliste qu'on qualifiera de particulièrement intimiste. Qui respire le deuil de la première à la dernière des six pistes, mais sans pompe. Ici, pas de déchirements larmoyants, pas de poses indiscrètes, pas d'affliction sonore et éhontée, de nonchaloir amoureux, de cynisme amer ou de pleurnicheries calculées. Expression presque austère d'une douleur secrète et repliée sur elle-même.

Et il est difficile pour quiconque ayant un coeur au milieu du poitrail de ne pas être troublé par cette ruine poussiéreuse aux résonances étrangement humaines, manifestation sonore du désespoir, ces progressions d'arpèges lentes et obsédantes, ces lignes mélodiques languissantes et décharnées, élancements d'une âme peinée asservie au Souvenir, ou qui se sait à jamais effacée des mémoires, motifs monotones qui figurent les épanchements venimeux d'un esprit abattu par l'Absence, répugnante tortionnaire qui s'applique à bercer l'apathique de drones éthérés et pénétrants pour l'engourdir un peu plus et, lorsque la douleur se fait torpeur, quand les passions morbides se refroidissent, lui souffler à l'oreille les échos fantomatiques, les plaintes sans fin de ceux qu'elle a ravi et qui reposent dans l'oubli.

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16/10/2010

Nils Økland - Straum (2000)












































Nils Økland est un artiste fascinant. Violoniste de son état, le hardingfele (sorte de violon traditionnel norvégien) ne connaît aucun secret pour lui : ses modulations épurées donnent, aux morceaux qu'il écrit, leurs textures et leurs motifs diaphanes, nourrissent de leur matière sonore des atmosphères tantôt aériennes et insaisissables (ah, "Månelyst", "Straum" et "Skystudies"), tantôt sombres et menaçantes ("Understraum" et son harmonium au grondement terrifiant), toujours contemplatives et profondément poignantes. Il vînt même jusqu'à s'illustrer en live avec Supersilent, "The Wire Session Live" qui fût retransmis par la BBC Radio 3 dans le courant de l'année 2000. "Straum" donc. Økland livre ici un diamant transgenre, finement ciselé, au carrefour de la musique traditionnelle norvégienne et de la musique contemporaine. Accompagné de l'ethnomusicologue Sigborn Apeland à l'harmonium et au piano, de son frère Torbjorn Økland à la trompette et à la guitare acoustique ainsi que de Pal Thorensten à la contrebasse, tous s'attachent à conjurer brumes et épiphanies matinales, miroitements à la surface des lacs (clichés über alles !) et mélodies douces-amères (la magnifique "Gråtaslag"), que la délicate voix d'Asne Valland vient illuminer (les stupéfiants "Svev" et "Var", beaux et justes à en pleurer). Jamais cordes de l'âme n'auront vibré avec tant de tendresse.

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20/06/2010

Laura Veirs - The Triumphs and Travails of Orphan Mae (2001)



Petit monde très beau, doux et lumineux, que cet album qui vient vous prendre au coeur. C'est personnel, très singer-songwriter d'aileurs. Il y a quelque chose dans la voix de Veirs, dans ces teintes ni tout à fait bluesy, bluegrass, pop ou orientales. Du charme et du talent sans doute. Pour les amateur d'Ani di Franco, de tout ce qui est à la fois populaire et idiosyncratique, car oui, c'est possible, et tellement plus courant qu'on ne le croit.

David Thomas Broughton vs. 7 Hertz - s/t (2007)



David Thomas Broughton me fascine. Dandy anglais à la folk pleine de cicatrices, c'est peut-être sa voix qui d'abord le distingue: ampoulée, enflée, noyée. Puis c'est son obsession du son lui-même, avec un jeu de guitare qui s'appuie sur des loops, qui créent des couches qui sont ensuite distordues. En découlent des ballades sentimentales en forme de longs jams. Son intérêt pour la manipulation sonore et l'improvisation donne tout son sens à la collaboration "vs." avec le quintet de cordes 7 Hertz qui donne ici de l'étoffe à ses compositions. L'enregistrement est, sauf erreur, live et donné tel quel.
J'aime beaucoup les deux pièces de fin, et le feel et l'approche générale, mais je tiens ce disque à coeur avant tout pour les dix minutes de Weight of my Love, d'une émotionnalité rare et qui pour couper court, fait voler en éclat un individu. Voilà, ça c'est un titre qui me transcende. Et du coup, j'ai rien d'autre à dire. Ah si, il coûte 5 dollars sur amazon.

Mountain Man - Made the Harbor (2010)



Une des dimensions intéressantes de la folk telle qu'elle est pratiquée au vingt et unième siècle, c'est qu'elle est possédée par le mythe de la folk et qu'elle l'utilise. Il y a cette idée de simplicité, de cordialité, de confort, de sérénité, à s'asseoir là où l'on vit et avec ceux que l'on connaît, pour égréner quelques notes sur une guitare et humer un chant. La folk c'est la proximité, le chez-soi, les cycles basiques qui entourent l'homme et la femme. On pourrait penser que l'homme actuel, incapable, pervers et en manque, ne pourrait que s'emparer de cette idée pour la dénaturer, la transformer avec une pénible auto-conscience. Pas bizarrement, ce n'est pas le cas; et la folk contemporaine de se porter sur l'immédiat, le perceptuel, l'attache. Il y a encore des gens, la folk avance avec et n'y perd rien.
Outre cette considération, ce qui me ravit dans la petite formation Mountain Man, c'est son orientation chorale: troix voix et une guitare (que des filles du Vermont). Il y a des titres où leurs harmonies font davantage mouche (Animal, Mounthwings, Sewee Sewee), mais c'est avant tout un album court de feeling général, où on accepte l'hospitalité, se creuse un coin chalheureux dans un coussin. Car, pour boucler la boucle, Mountain Man est composé et enregistré comme depuis un salon, semble craqueler, est le plus doux et tranquille lorsqu'il évoque la nature rugueuse et le voyage, semble inséparable de son Vermont natal. Et je souhaiterais pouvoir le dire sans que ça paraisse naïf, ou alors que ça le paraisse davantage.