Avant de poursuivre l'exploration de la discographie de l'ex-duo Celer (actuellement projet de Will Long, seul homme à la barre), attardons nous sur l'un des albums de Danielle Baquet-Long, aka Chubby Wolf, moitié féminine de Celer jusqu'à son décès en 2009.
Ornitheology brille d'abord et surtout par la qualité de sa première piste qui propose une synthèse intéressante de ce qu'il y a de plus grisant dans la collaboration musicale du couple. On Burnt, Gauzed Wings, puisque c'est sa puissance qui justifie cette entrée, s'illustre par une dérive onirique se rapprochant des Four Pieces mais tranchant par des nappes chargée d'un peu plus de matière et présentant un aspect que j'aurais tendance à qualifier d'automatique, faute de mieux. Si la densité du son rapproche l'album des productions les moins épurées du duo, les mouvements d'ondes délayées s'opèrent ainsi sur un mode similaire aux très minimalistes a Couple of Swells et au Noctilucent Clouds, où les masses mouvantes glissent et s'élèvent selon des schemas aussi indiscernables que ceux du ciel.
Phantasmagoria Of Nothingness présente le même jeu de sonorités douces déployées sur une structure plus linéaire et dronesque. Je vous laisse juge de la pertinence et de l'habileté de cette déclaration, mais je ne peux m'empêcher de constater le contraste entre les couleurs presque euphoriques que prends cet Ornitheology et les teintes (évidemment) mortuaires et languissantes des productions plus récentes. L'abandon se fait ici avec le sourire. Anéantissement tout confort.
Peut-être pas aussi indispensable que les albums précédemment cités, c'est quoiqu'il en soit un album d'ambient de grande qualité bénéficiant de la facture Celer : Doux, subtil et irréel.
Écouter ou acheter ici
26/03/2014
01/03/2014
Yoga - Skinwalker (2012)
Précisons d'abord que le présent album ne contient pas de pistes inédites : L'absence de précisions sur le site du label Holy Mountain m'a initialement induit en erreur et je m'étonnais franchement que la sortie de ce que je pensais être l'héritier du formidable Megafauna ne fit pas au moins autant de bruit, avant que Deneb-tala, merci à lui, me précisait qu'il s'agissait en fait d'une réédition LP du contenu de l'album éponyme et du split avec Ghäst, tout deux sortis en 2008. Ceci étant dit, ne boudons pas notre plaisir, car la qualité du contenu valait tout à fait le pressage. L'homme aux milles potards ayant déjà réalisé une analyse en détail de Megafauna et de la nature si particulière de la musique de Yoga, il m'a semblé bon d'éviter la redite et d'épargner à nos lecteurs un billet qui ne ferait au final que le paraphraser : Penchons nous donc sur Skinwalker et son mélange unique a la croisée entre black metal, dark ambient et pop hypnagogique.
L'utilisation d'éléments black metal, pas exclusive mais tout de même proéminente sur Megafauna, est ici beaucoup plus rare, en tout cas moins évidente à desceller dans une masse fluctuante et volatile de field-recordings sur-modifiés et de sonorités synthétiques proto-humaines et insaisissables. Trois pistes sur les huit composant l'album répondent par des structures clairement black ambient, sur une base de batterie mid-tempo, de motifs bouclés hypnotisant tissés sur une trame de tape-work : Le Littlefoot et sa batterie pleine d'echos, The Necromancers Goblin Ha' et son arpège phasé et etouffé, et le très planant Emin and Anakim, black ambient lovecraftien de derrière les mangroves pour ceux qui chuchotent dans les ténèbres avant de décoller vers d'autre plans pour passer le salaam (par ondes gsm, vous comprendrez) au gros Azat' et ses joueurs de flutiaux. Qu'on s'entende donc, du black ambient, mais à la Yoga, donc sans vraiment de comparaisons possibles et qui étouffe un peu dans l'oeuf de part sa pertinence tout projet blackoïde qui se voudrait vraiment lovecraftien (de rien, c'était gratuit).
Le reste des pistes fonctionne sur le même mode : Fondamentalement louche et hors de ce monde. Qu'il s'agisse du scintillant Lemurian Dreams et de sa ouate de songes tropicaux, le bien nommé Cosmic Safari ou le délire lofi de Mothman, c'est toujours le fourmillement de sons extra-terrestres qui frappe par sa grande bizarrerie. Là encore musicalement les points de comparaison ne sont pas légion : Matrix Metals et Ferraro évidemment (Clear surtout), mais le ton n'est pas le même, quoique la méthode très semblable. Dans une certaine mesure, mais beaucoup moins touffu, Fungi from Yuggoth (ici chroniqué sur Abet Cuces), sorti la même année que cette réédition, rappelle vaguement les visions hallucinées et colorées de l'ambient cryptozoologique de Yoga.
Difficile ainsi de restituer avec justesse cette qualité de Skinwalker (qui désigne, dans les légendes amérindiennes, une personne ayant le pouvoir de se transformer en bête à volonté) à illustrer la notion d'indicible et d'évoquer l'attirail du fantastique à la Lovecraft via une mise en oeuvre et des thèmes originaux, exploités à nouveau dans Megafauna de façon plus palpable, si je peux m'exprimer ainsi à propos d'un objet comme celui-ci.
A écouter et acheter en digital ici.
Pour le LP, c'est sur le site de Holy Montain que ça se passe.
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Ambient Black,
Dark Ambient,
Lo-fi,
Psychédélique
13/09/2012
Dry Valleys - Illuminating Gaze (2010)
Dry Valleys, ou l'art de dérouler sur les deux faces d'une cassette la surface d'un désert électronique et l'ambiance lunaire qui y pèse dessus. Les plateaux accidentés et poussiéreux d'Illuminating Gaze sont parcourus via des schémas de progression assez classiques, gradations linéaires faites de phases s'articulant sur un drone constant. Notez que je ne reproche absolument rien à cette formule: Je souligne sa simplicité parce qu'elle fonctionne à merveille.
Là où je serai tenté de mettre l'accent, c'est sur la qualité des sonorités qui composent les deux faces de la cassette et plus particulièrement la justesse avec laquelle elles sont associées pour donner corps à des paysages vides de vie mais colorés et des atmosphères chargées de mouvements. Une simple bourrasque, un grondement distant cycliquement répété, puis de long faisceaux nacrés qui ondulent et percent le néant gris pour balayer et suggérer les formes d'en bas qui, dénudées de leur manteau d'ombre (ashpl, l'anti-Damasio malgré lui), se réchauffent, s'exhalent en panaches et se diffusent pour scintiller sous des lueurs célestes maintenant plus vives pour former un ensemble dense mais toujours intelligible. Même type de cheminement pour la seconde face, où se feront toutefois plus nombreuses les phases de dépression allant de paire avec la teinte globalement plus sombre que prend la musique de ce coté ci.
Sonorités douces, hypnotisantes, jamais agressives même lors des pics d'intensité où elles miroitent et se superposent dans un tout à la fois vaporeux comme un nuage et profond comme une mer: Opposition de "thèmes" sonores assez similaires à ce qu'on peut trouver sur Astral Fluid, mais cela n'engage évidemment que moi. Bref, un très bel album à mi-chemin entre ambient, drone, lo-fi et musique psychédélique qu'on peut certainement rapprocher des productions les moins "extrêmes" de James Ferraro, Snake Figures Fan en tête. On n'écoute pas Illumating Gaze, on s'y abandonne, on y voyage et on s'y perd. Ou pas, libre à vous de partir à la conquête des 45 copies produites ou de jeter une oreille ici, par exemple.
Là où je serai tenté de mettre l'accent, c'est sur la qualité des sonorités qui composent les deux faces de la cassette et plus particulièrement la justesse avec laquelle elles sont associées pour donner corps à des paysages vides de vie mais colorés et des atmosphères chargées de mouvements. Une simple bourrasque, un grondement distant cycliquement répété, puis de long faisceaux nacrés qui ondulent et percent le néant gris pour balayer et suggérer les formes d'en bas qui, dénudées de leur manteau d'ombre (ashpl, l'anti-Damasio malgré lui), se réchauffent, s'exhalent en panaches et se diffusent pour scintiller sous des lueurs célestes maintenant plus vives pour former un ensemble dense mais toujours intelligible. Même type de cheminement pour la seconde face, où se feront toutefois plus nombreuses les phases de dépression allant de paire avec la teinte globalement plus sombre que prend la musique de ce coté ci.
Sonorités douces, hypnotisantes, jamais agressives même lors des pics d'intensité où elles miroitent et se superposent dans un tout à la fois vaporeux comme un nuage et profond comme une mer: Opposition de "thèmes" sonores assez similaires à ce qu'on peut trouver sur Astral Fluid, mais cela n'engage évidemment que moi. Bref, un très bel album à mi-chemin entre ambient, drone, lo-fi et musique psychédélique qu'on peut certainement rapprocher des productions les moins "extrêmes" de James Ferraro, Snake Figures Fan en tête. On n'écoute pas Illumating Gaze, on s'y abandonne, on y voyage et on s'y perd. Ou pas, libre à vous de partir à la conquête des 45 copies produites ou de jeter une oreille ici, par exemple.
02/07/2012
Menace Ruine - Sigil Sessions (2010)
On ne présente plus le talentueux duo québécois de Menace Ruine et la singulière synthèse de genres plus ou moins voisins qu'ils ont opéré sur chacun de leur trois albums: Black metal sans guitare à tendance noiseuse sur The Cult of Ruins, drones monumentaux et dark-folk sous-jacente pour The Die is Cast (direction musicale qu'on retrouvera en partie sur l'un des projets de Geneviève, Preterite) puis une nouvelle évolution stylistique sur Union of Irreconcilables et son drone/noise massif et corrosif ( une très bonne analyse du disque à lire ici). Et toujours cette atmosphère d'après cataclysme induite par des textes énigmatiques (où reviennent sans cesse les idées de destruction, de chute et de renouveau) déclamés sur le mode "lyrisme apathique" par une voix unique et reconnaissable entre mille à travers les vrombissements rocailleux et les panaches de matière vaporisée.
La même année que Union sortira chez Luchtrat un EP limité à un nombre ridicule de 72 exemplaires (mais fait à la main!) comportant quatre titres plus anciens composés dans la même veine que le dit album, mais radicalisée: Les sonorités sont ici encore plus agressives et dissonantes, boite à rythme volontairement sèche et outrageusement mécanique, siphons harsh noise et assise de basses grondantes aussi abrasives que les furieux motifs "presque" mélodiques à base de stridences et de vibrations insidieusement suraigües qui se superposent aux vociférations monstrueuses d'un de La Moth très en forme. Le son est froid, raw, rien à voir avec l'amplitude imposante de The Die is Cast. Même le ton de Geneviève se fait plus grave que d'habitude sur l'inquiétant (catharsique me vient également à l'esprit mais ça fait un peu trop commentateur Youtube à mon gout) Desert Yourself et son introduction aux relents drone-doom, seul moment d'accalmie dans cette vingtaine de minutes explosives qui fait le pont entre la bestialité de leur premier album et le jeu de textures brûlantes du dernier en date. Quelque part entre le power electro et le black metal, avec l'intelligence et l'audace qu'on est en droit d'attendre d'un groupe actuellement chez Aurora Borealis. À écouter ici.
La même année que Union sortira chez Luchtrat un EP limité à un nombre ridicule de 72 exemplaires (mais fait à la main!) comportant quatre titres plus anciens composés dans la même veine que le dit album, mais radicalisée: Les sonorités sont ici encore plus agressives et dissonantes, boite à rythme volontairement sèche et outrageusement mécanique, siphons harsh noise et assise de basses grondantes aussi abrasives que les furieux motifs "presque" mélodiques à base de stridences et de vibrations insidieusement suraigües qui se superposent aux vociférations monstrueuses d'un de La Moth très en forme. Le son est froid, raw, rien à voir avec l'amplitude imposante de The Die is Cast. Même le ton de Geneviève se fait plus grave que d'habitude sur l'inquiétant (catharsique me vient également à l'esprit mais ça fait un peu trop commentateur Youtube à mon gout) Desert Yourself et son introduction aux relents drone-doom, seul moment d'accalmie dans cette vingtaine de minutes explosives qui fait le pont entre la bestialité de leur premier album et le jeu de textures brûlantes du dernier en date. Quelque part entre le power electro et le black metal, avec l'intelligence et l'audace qu'on est en droit d'attendre d'un groupe actuellement chez Aurora Borealis. À écouter ici.
05/05/2012
Mains de Givre - Esther Marie (2010)
La naïveté en musique n'est généralement pas un trait auquel j'accorde une importance particulière, qu'elle concerne le processus de composition ou le résultat en lui-même. Ce n'est pas quelque chose que je fuis ni ne méprise pour autant, naïf n'étant pas systématiquement synonyme de niais ou de gauche, et si on fait abstraction des visuels et des titres de pistes un peu spéciaux ( détail sans importance en fait), cet Esther Marie en est une très belle illustration. Quatre longues pistes d'ambient massif improvisées par Éric Quatch ( thisquietarmy ), sa guitare et son arsenal d'effets et la violoniste Émilie Livernois-Desroches, autant de paysages tristes et glacés construits sur une formule d'une simplicité enfantine: Des lignes d'un violon spleenesque qui tantôt naviguent à l'aveugle sur des mers de drones électriques aux relents post-rock (ne partez pas, non!), flottent sur un traditionnel mur de son, brouillard de trémolos délayés, plongent dans les mêmes profondeurs que celles du split Underjordiska/Spectral Lore ou se laissent submerger par une boucle massive et tempétueuse (rappelant peut-être certains titres des derniers Agalloch). Pas besoin de plus pour donner naissance à des pistes qui ne manquent ni de relief ni de variété, merci au violon qui anime et dirige ce monde gelé sans tomber dans l'écueil du larmoyant.
L'album est sold out, mais vous pouvez en écouter une partie ou l'acheter en version dématérialisée ici. Ou obtenir les flacs ici et là.
10/03/2012
Mythological Eoarchean Cosmonauts - Black Sky Opened Up (2012)
Sans pour le moins du monde abandonner la subtilité inhérente à son premier essai de space ambient Astral Fluid, Mythological Eoarchean Cosmonauts, aka l'homme qui manie les pads de synthétiseur avec autant d'adresse que son archet de violoneux baroque réitère avec son Black Sky Opened Up et lâche ses modulateurs pour un lapsteel et un violon électrique histoire d'expérimenter quelque chose au feeling black ambient explicite naturellement plus proche de Aun et de ses jeux de sustain que des tempêtes glacées de Paysage d'Hiver. Plutôt opium et cachemire que neige et bure si les analogies faciles ne vous effraient pas. Le résultat est étonnant, encore plus quand on est conscient que l'absence de synthétiseur était une des contraintes d'enregistrement initiales. Deux longues pistes complémentaires (aux noms définitivement très pop), comme sur un disque de berlin school. ...and the ground gave way beneath my feet s'ouvre ainsi sur une nappe insaisissable progressivement traversée de rayons et d'arpèges en cascade qui distordent l'atmosphère avant d'introduire un riff de guitare inébranlable calé sur une batterie mid-tempo. La machine est désormais lancée et ne s'éteindra que pour laisser conclure une guitare claire délayée dans les sonorités spatiales avec lesquelles elle s'entremêlait déjà. Le ton est donnée et ...and the earth took me in her arms se contentera d'une courte vibration de tremolo pour aboutir sur le corps du morceau, un mur de son blasté à la Hin-Fort, bloc intangible se déplaçant à toute allure dans une étendue faite de scintillations et d'arcs de son iridescents préfigurés dans la première piste pour finalement suspendre son ascension fulgurante dans un plan formidable ou la matière se fige dans une nappe libératrice façon Der Weg ou résonnent les échos de mélodies égrenées d'un autre monde. Hoho! Écouter ou télécharger ici.
14/02/2012
Almir Sater - Instrumental (1985)
Eu não sou sertanejo. Eu sou pop. Eu sou roqueiro. Não escuto música sertaneja em casa. Escuto violeiro pontear a viola e não tem nada a ver com sertanejo. Violeiro é instrumentista, é bandeira brasileira...[1]
On se laisse aisément charmer par la guitare 10 cordes (ou plus) d'Almir Sater, musicien du Mato Grosso. A ce fervent défenseur du Pantanal, je reconnais une aptitude à balader l'auditeur dans sa verdure de moins en moins vierge, mais toujours innocente. Il sera difficile pour beaucoup de ne pas le qualifier de "sertanejo" (grosso modo : country) mais il faut véritablement voir plus loin. Cet album doit plutôt être vu comme un étendard de la musique "folk" du Brésil, voire mieux.
Comme je suis justement au Brésil pour les 4 prochains mois d'ici 10 jours, cela tombe bien.
Puis ça faisait un bail que je n'avais rien uploadé :/
mp3 320kbps
Ah et puis j'ai mis à jour les liens de Solid Space, Lounge Lizards et de T. Monk
17/01/2012
((( vlubä ))) - WHNZ:32:Abramàlaga (2011)

Quels sont les points communs entre Vlubä et les groupes de Witch House? L'amateurisme juvénile et éhonté et les titres d'albums qui ressemblent beaucoup à des problèmes d'encodage ou de message de bug informatique. La différence? Un seul des deux partis vaut la peine qu'on s'y intéresse. À toi de deviner lequel! Après vous avoir noyé dans le drone, je me permets de vous revitaliser brutalement avec de la freak folk noiseuse artisanale bien hardcore: Ce post s'inscrivant dans la graaaaande tradition des entrées traitant de musique psychédélique et bruyante, attendez vous à quelque chose d'assez acide. Free folk, pour la guitare bardée d'effets jouant mal ses motifs simples sur une pulsation binaire hypnotique et appuyée. Ça c'est pour les passages les plus intelligibles qui s'interposent entre les hurlement de larsen à vous faire passer Bird and Person Dyning d'Alvin Lucier pour un album agréable et les bonhommes de Sunn pour des gratteux au son propre: La preuve avec le nom du groupe, ça dégueule de feedback des deux cotés tant il est utilisé, que ça soit en grosses déflagrations massives et gratuites, en riff déguisés, monstruosités à la Haino ou trame sonore pour improvisation alien. Qui miaulent, les aliens. j'aurais bien du mal à vous retranscrire le reste. J'ajouterai cependant qu'on retrouve encore une fois cette ambiance très instable et (en toute logique) onirique commune à beaucoup d'albums de drogues auditives, et c'est justement ce caractère insaisissable et chimérique qui m'enlève les mots de la bouche. Alors qu'on soit d'accord, c'est bancale, je le répète, parfois un peu gratuit (un enregistrement d'eau qui coule et de bruit de sachet plastique pour introduire une piste de noise rock à la Skullflower? Ça marche!) et douloureux pour les oreilles. Mais quand même, quelle folie.
Gata Peluda enregistrée dans une autre dimension tu dis? On te croit sur parole garçon, tout cela n'est pas raisonnable et n'a rien de terrestre. Quelque part entre les oeuvres de jeunesse de Keiji Haino, Silvester Anfang, Yoga, à écouter ou télécharger ici chez mon nouveau fournisseur du moment.
03/01/2012
Viraeson - West (2009)

Business, te voilà bien somnolent, j'espère que tu ne t'es pas endormi entre deux loops de Celer car nous allons justement poursuivre notre chemin dans les terres arides du bourdon et de la musique minimaliste avec les droneux de Viraeson. Pas de panique cependant, comme vous je peux encore m'épanouir dans des albums avec plus d'une note par pistes et j'espère bien pouvoir vous le prouver prochainement.
Certains d'entre vous ont peut-être déjà écouté l'album Ritual de Solo Andata: Un dark ambient de très bonne facture mais qui m'a finalement laissé un peu sur ma faim malgré sa première face absolument fantastique. Le lien avec ce West pourra sembler ténu mais c'est justement la tension constante et l'obscurité pesante du LP qu'on retrouve en partie dans ces trois pièces plus intéressantes que leurs Two long works honnêtes mais pas vraiment inoubliables sortis dix ans plus tôt. Le matériel sonore est ici majoritairement constitué de field recordings de différentes provenances (Corée du Sud, Russie et Syrie) qu'on dira bruts de décoffrage (i.e y'avait pas assez de mousse sur les micros) superposés avec de belles et profondes nappes ou des textures lofi. Pas de beats maladroits venant flinguer l'harmonie des sons ici, mais un motif sourd et mystérieux jouant à cache-cache dans la forêt qui fait la jonction entre la première et la deuxième piste. En vérité parler de minimalisme ici manque un peu de pertinence; En tout cas la progression, bien que loin d'être sinueuse, est travaillée -voir délicate- et le panel de sonorités formant les différents "calques" est assez étoffé.
L'ensemble s'avère finalement passionnant en dépit d'un assemblage un peu rustique mais cohérent. Quelque part entre le Ritual déjà cité, Original Masters - Night Passage d'Alan Lamb et la densité d'un Broken Hearted Dragonflies de Tucker Martine. Quand Nyx revet Pan endormi d'un pesant tissu de mystPardon, je veux dire, téléchargez l'album ici si le coeur vous en dit.
05/11/2011
Celer - Butterflies (2011)
Annonçons la couleur tout de suite: Ce Butterflies est d'un minimalisme assez radical et déconcertant. Ceci expliquant le peu que j'aurai à en dire, et pourquoi j'ai tant hésité à le mentionner ici.
Musique des sphères pour idiots contemplatifs. Cinq pistes chacune faites d'une seule et unique boucle gravitant sur une orbite parfaitement elliptique pour une durée de quarante minutes. Ni plus, ni moins. D'abord sur mes gardes, voyant d'abord en cette découverte singulière une espèce de Trilogie de la Mort du pauvre, une vingtaine de minutes ont pourtant suffi à faire fermer sa gueule à ma voix de la Raison qui parlait de supercherie et de fainéantise et pour voir mes vanités de mélomane à la petite semaine se faire souffler par cette froide beauté d'une simplicité littéralement désarmante. Tout est là, dans ce "si peu". Le reste est sans importance. Léthargie voluptueuse, hébétude rassurante, plongée dans l'infini, qu'importe le mot, disons juste que trois heures d'anéantissement dans le son ne sont jamais de trop. C'est là dedans qu'on devrait cesser d'exister.
Écouter ici
À défaut de connaître le public à qui c'est susceptible de plaire, on pourra comparer ces papillons à la musique d'Eliane Radigue, Charlemagne Palestine, William Basinski et quelques sorties du label mAtter. Je suggère également l'écoute des "Four Pieces" et de "Noctilucent Clouds" (notez qu'il est difficile d'apprécier ce dernier autrement qu'avec un casque).
28/09/2011
James Ferraro - Marble Surf (2008)

Le petit Jamy nous ouvre les portes du Paradis (ou du Valhalla, question de goût, d'ailleurs petit message à ceux qui comme moi ne pourront s'empêcher de penser au jeu Valkyrie Profile en écoutant l'album: Personne ne peut plus rien pour vous), L'espace de quelques dizaines de minutes de pure béatitude, et c'est plutôt gentil de sa part. Le motif joué au piano qui introduit cette cassette sera le même qui accompagnera et conduira les chœurs angéliques qui s'y grefferont, dialoguant, euphoriques et grésillant dans ce flou lofi que crée la manipulation des bandes magnétiques, attribut essentiel de cette joie céleste étalée sur deux pistes symétriques. Flou qui dans un premier temps rend difficile de se rendre compte à quel point la composition de cette petite quarantaine de minutes, sans entraver la fluidité avec laquelle elle s'écoule, et loin d'en rester à quelques superpositions paresseuses mais efficaces, ne cesse de se transformer jusqu'au final abrupt et triomphant, cloches, tambours, synthétiseurs s'ajoutant aux chants d'extase et à d'autres instruments qui finissent par ne plus être précisément identifiables et à ne former qu'un tout presque compacte s'approchant du fameux "magma" bien connu des amateurs de black ambient, véritables bain de sonorités aux frottements tantôt lumineux, parfois éblouissants, bizarrerie au psychédélisme latent (qui deviendra beaucoup plus explicite sur un album comme Pixarni), unique et passionnante de bout en bout, du concentré de liesse onirique, voilà tout. Je vous épargne pour cette fois la traditionnelle métaphore absurde sur le modèle du "X meets Y dans un contexte Z", mais s'il fallait vraiment situer l'ovni, disons quelque chose entre Arvo Pärt, Yoga et William Basinski.
À écouter grâce à ceci. (le lien vient d'ici)
09/08/2011
Incarceration By Abstraction - The Flying Luttenbachers (2007)
Dans quoi pourrait on classer cette petite chose hybride? Il serait difficile en vérité de limiter cet album à une sphère musicale particulière (c'est visiblement vrai pour les précédents) tant il semble graviter de l'une vers l'autre avec la même aisance: une jambe dans le free jazz, l'autre dans le math rock, effleurant parfois du bout des doigts le grind de Naked City. Sacré mélange que l'on doit à Weasel Walter qui pour le coup a tout simplement enregistré et exécuté seul l'intégralité des pistes en l'absence de ces compagnons de jeux habituels. Figurez vous d'abord un couple basse/percussions particulièrement puissant, l'une aussi grasse et remuante que l'autre est nerveuse, tisseuse de grooves survoltés qui n'hésite pas à aller chercher le blast lorsqu'il est nécessaire. puissance de feu non négligeable soutenant, seule ou accompagnée d'un orgue, les tapisseries inextricables et presque anguleuses de motifs robotiques tissées par des guitares aux timbres multiples, assez folles, désarticulées et mécaniques pour concurrencer celles d'un.. Buckethead (par exemple, sur The Cuckoo Clocks of Hell ou Kaleidoscalp), et les déchirements hystériques d'une clarinette tellement zornienne que je l'ai d'abord prise pour un saxophone. Hystérie panique qui s'interrompt parfois pour laisser place à quelque chose de plus conscient venant tendre et noircir toute cette belle machinerie. Quelques discrètes touches d'electronique et de noise parachèvent enfin d'affirmer son caractère foisonnant et chaotique à un ensemble qui tient davantage du bordel savant et calculé que de la cacophonie bête et méchante, contrairement à ce qu'on serait tenté de croire en me lisant. Christian Vander dans un Gundam retapé. Cool. Écouter ou acheter ici. Plus de copies physiques (500 exemplaires), malheureusement!
30/06/2011
Supersilent - 5 (2001)

Déjà entamée sur un précédent opus plus explicitement jazz, c’est ici, au travers de ces 70 minutes compilées par Helge Sten sur plus de 30 heures de concerts donnés à Oslo, Londres et Bologne, que s’accentue l’orientation « ambient » de la musique de Supersilent, même si ce terme me répugne un peu la concernant, tant cette dernière excède, de par sa liberté formelle, les catégories et les simplifications qui tenteraient de la contenir. A l’appui de cette affirmation, le jeu de Vespertad, par exemple, se fait globalement plus épars, discret, amorti, carrément absent, parfois ; même si cela ne l’empêche pas, vers la fin de l'excellente première piste, et de concert au pianotage rythmique de Storløkken (allant jusqu’à rappeler l’intensité fiévreuse d’un 6 ou d'un 7), de durcir ses frappes et de faire monter d’un cran la pression. Dense en détails et en brèves incisions, mystérieuse, riche en nuances et en contrastes clairs/obscurs, la musique de Supersilent s’étire maintenant en longues plages improvisées, pour la plupart excédant les 10 minutes (quasi-20 minutes pour les deux plus longues). Théâtre d’ombres et d’inquiétudes fugitives, de gouffres massifs et d’émergences lumineuses, jamais l’univers de Supersilent ne s’est fait aussi fascinant, insaisissable. Bâti autour du silence, ce « presque rien », s’il n’en reste pas moins dynamique et captivant de bout en bout, exige peut-être moins d’effort à fournir pour suivre de l’oreille chaque apport et chaque mouvement – moins d’intenses et rapides télescopages (ce qui évidemment ne signifie pas qu’il n’y en ait plus), pour des sculptures de paysages sonores liquides, fluants, hantés par l’impénétrable mélancolie des minces thèmes qu’Arve Henriksen module, oriental (la manière de sonner de cette trompette me fait penser à une sorte de...flûte asiatique?), au gré des rideaux cristallins (theremin ?) qui tombent en pluie sur des nappes de plus en plus amples, de plus en plus profondes et grondantes (5.3)… distante, posthume, spiritualisée, la trompette plonge alors dans le sein de cet océan aux oscillations dansantes, et dont l’épiderme plein, texturé, pétrifie et engloutit le regard... et ce, jusqu'aux glaçantes plaintes émises par ces 5 minutes finales, graduelle montée en puissance dans la cacophonie. Les deux dernières pistes, à ce titre, mériteraient deux chroniques dans la chronique. Je préfère vous laisser avancer de votre propre chef dans ces labyrinthes de l’âme.
Achetez ici
24/06/2011
Supersilent - 4 (1998)

Outre une musique qui s'avère, à chaque album, irréductiblement singulière en terme d'atmosphères et de couleurs, Supersilent a ceci de particulier que le minimalisme de leur artwork ne révèle rien qui pourrait traduire une réflexion des artistes sur leur propre musique. La pochette est un monochrome qui ne délivre que les informations essentielles (code-barre inclu!); l'intérieur du livret révèle, quant à lui, d'informes et désinvoltes gribouillages. L'auditeur n'a donc affaire qu'à lui-même, aux interprétations qu'il formulera a posteriori pour qualifier la musique (lesquelles, bien entendu, n'engagent que lui). Logique, au fond, puisque l'essence du projet réside dans l'improvisation libre. Pourquoi en effet ces types devraient parler de leur musique ? Ils se réunissent, et jouent. Point barre.
Pour moi les membres de Supersilent sont des créateurs d'oeuvres ouvertes. Des mediums nécessaires à ce que l'évènement musical, pur de tous référents extérieurs (de tout ce qui ce pourrait induire préjugés et préconceptions) vienne à la présence, s'offre au sujet dans toute l'opaque densité de son mystère, d'un sens qui se cherche, encore et toujours, fascinant, captivant... ou aveuglant, lorsqu'enfin il éclot et se dévoile, indubitable, inexprimable, dans une rayonnante et bienheureuse épochè... d'une musique dont je ne serai pas surpris d'apprendre qu'elle constitue, aux yeux de ses géniteurs, un être autonome et absolument détaché de ce à quoi ils s'attendaient, produit de leurs impulsions. Une sorte de "laisser-être", si l'on veut.
Bon, si Supersilent sur ce 4 se fait nettement moins violent et bordélique que sur le 1-3, manifeste extrémiste et sauvage dans le non-concessif, il n'en reste pas moins radical, rigoureux, et assez intéressant, quoique relativement anecdotique (peu de ces moments hors du temps qui, pour moi, font le sel de Supersilent). Toujours cette même dualité entre un versant "ambient" ici légèrement accentué (la diffuse et pulsante 4.1, l'inquiétude captivante de 4.2, avec ces superbes textures de Ståle Storløkken débouchant sur une fin haletante) et de parties plus rentre-dedans, qui exige que l'on suive d'une oreille attentive tous ces détails qui fusent et rentrent fiévreusement en collision... les trames, denses et composites, témoignent toujours de ces incessants télescopages de sonorités hétérogènes, grouillantes, supersoniques, tantôt abstraites (les modulations noise agiles et rétractables des machines) ou chaleureuses (la trompette qui temporise, le jeu étonnant Vespestad), mais souvent pertinentes, parfois moins, pour peu que l'on fournisse l'effort de concentration nécessaire... ce 4, s'il décrispe en partie la rage et la fureur du propos initial, ne fait que le rendre plus digeste (3/4 d'heures aussi, ça aide).
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Noise,
Supersilent
18/06/2011
Supersilent : 1-3 (1997-2003)
Les débuts de Supersilent sont éreintants, définitivement plus rudes et hermétiques que le reste de leurs productions. Ce triple album, réunissant 13 pistes enregistrées en studio pour plus de 3 heures de musique, montre que la raison d'être du projet a toujours été l'improvisation; une liberté de forme débridée et malsaine, riche en contraste et en ambivalence, donc foncièrement insaisissable. Une sorte de Soft Machine malade, enragé, noise dans son orientation, "ambient" lorsque retombe l'intensité générale (par exemple le deuxième disque, illuminé par cette trompette surplombant les amples et froides nappes tissée par Ståle Storløkken). Un Soft Machine aliéné, déshumanisé, rendu âpre par le corps-à-corps viscéral et quasi-exclusif avec les composants électroniques, où c'est le son pris en lui-même, sa matière qui se trouve malaxée, modelée, formée et déformée - d'où, en corollaire à cette intensité physique, brûlante, un rendu farouchement froid, abstrait qui risque d'en rebuter plus d'un.
A l'image de ce premier morceau, apeurant par sa longueur (30 minutes) : une concaténation de rythmiques prenant votre oreille droite comme punching-ball, d'improvisations électroniques/noise d'Helge Sten ou du trompettiste qui jaillissent en persécutions polymorphes (ça poinçonne, se torsade, se déchire), recouvrant une voix froide qui mécaniquement débite des sortes d'ordres ou d'instructions, le tout traversé par la beauté fantomatique, extraite brute du chaos, des minces filets qu'Arve Henriksen laisse échapper de sa trompette... tout en rythme et en détails fusants, plus accrocheuse, c'est limite si la deuxième piste me fait pas penser à une sorte de Single Unit caustique.
La troisième piste, elle, dépasse tout, et se pose à ce jour comme le morceau le plus éprouvant de ces sapajous : 14 minutes de déflagrations harsh-noise haletantes, impitoyables, qui à force de dilacérer la trame sonore, vous laisseront abasourdis.
Mais à l'exténuation et à l'insupportable, se succèdent chez Supersilent des moments de grâce aveuglants, où les masses denses et composites s'élèvent, figent le temps et saturent l'espace, des moments au rayonnement tel qu'il me plaît de les qualifier d'"épiphaniques". Ainsi la dernière piste du 1er CD, où il nous semble surprendre la naissance du groupe qui, l'espace de 15 ineffables et supra-terrestres minutes, touche véritablement à quelque chose d'essentiel. L'inouïe advient, se fait entendre; la magie de Supersilent opère, initiant la mise en présence de l'inconnu. Ces instants de grâce, nous ne les retrouverons guère que sur le 6 ou le 7. Et ce n'est que le premier CD... les autres ne sont pas en reste : tous témoignent de cette polarité qui semble travailler de l'intérieur cette musique. Chacun d'eux sont autant de fondations intimidantes à ce que ces norvégiens proposeront dans le futur. Ce 1-3, au fond, c'est un peu l'accomplissement moderne de la démarche du Miles électrique...
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25/05/2011
Mythological Eoarchean Cosmonauts - Astral Fluid (2011)
Deneb Tala nous offre ses fluides. Enfin, pas vraiment, mais le premier disque de son projet de space ambient sobrement nommé Mythological Eoarchean Cosmonauts sorti tout récemment a déjà le mérite d'être bien nommé en plus d'être réussi. Ambient de fort belle qualité qu'on devine influencé par Steve Roach (un peu, sans le coté new age), Trist (un peu plus) et les grands noms de la Berlin School (beaucoup, et non je ne prends pas beaucoup de risques à avancer ça), fait de deux longues pistes complémentaires, construites sur un schéma approchant de la forme ascension/descente, ambient aux consonances sacrées assez explicites qui cache, sous ses drones majoritairement analogiques qu'on pourrait juger placides et même un peu timides aux premiers abords, alors que l'oreille est trompée par la linéarité apparente de la progression, son jeu de nuances, la douceur de ses transitions et son caractère évolutif bien prononcé.
Je parlais plus haut de complémentarité entre les deux compositions, et ce rapport est également vrai pour le panel de sonorités employées par l'homme de goût, car il se dégage nettement de ces transports verticaux une dualité intéressante entre deux thèmes principaux, à savoir le tangible représenté sous la forme de l'état liquide et l'immatériel de l'âme et de l'ether. C'est du moins de cette manière que le perçoivent mes petites oreilles, qui ne sont pas gênées de tirer des conclusions de la sorte quand on voit à quel point les titres sont explicites. Plus prosaïquement, et de façon indépendante des considérations qu'on pourrait faire sur la nature des choses composant le bousin cosmique, le choix des éléments sonores est aussi cohérent que leur combinaison est savante: En vrac, fluctuations caressantes, flou onirique, textures pures et lumineuses. Feels good man.
Aux émissions ondoyantes, aux ébullitions aquatiques et aux bourdonnements marins se mêlent des résonances mystiques et métalliques que n'aurait pas renié Peter Andersson, tantôt sereines, échos divins from outah'space, puis livides comme ces choeurs fantomatiques nous accompagnant lors de la plongée dans Fluid, le pendant sombre et abyssal d'Astral, tout en pesanteur, dans un silence de fosses océaniques habité de ténèbres un brin oppressantes qui auront à peine le temps de vous inquiéter avant de se faire dissiper par une apothéose véritable 100% seal of quality qui sonnera la fin de l'album. Oh et puis faite fis de mon verbe souffreteux et allez m'écouter ça.
Vous pouvez écouter ou télécharger l'album sur le bandcamp de l'artiste ou le contacter pour acquérir une copie CD limitée à 100 exemplaires. J'imagine que c'est encore une histoire de savoir caché de nature ésotérique.
23/05/2011
Monument - I (2010)

Surprenante découverte que j'ai faite via l'apocamix de l'incroyable lapin anti-gravité et que je m'empresse de partager ici. Il s'agit en fait d'une obscure release cassette (épuisée) en provenance du label Sol Y Nieve. Cinquante minutes d'un ambient black qu'on jurerait presque être une affection du dieu Paysage d'Hiver: On y retrouve l'esthétique lowfi propre à la production du suisse, son minimalisme tendance mystique et recueilli, les motifs guitares/batterie simples et itératifs (oui, le mot est à la mode je crois), soutenus ou entrecoupés de litanies grognées, de chuchotements mystérieux ou de choeurs sacrés qui m'ont immédiatement rappelé un certain Kristall & Isa, ainsi qu'au Malefeasance de l'Acephale dans une certaine mesure. J'ose la comparaison car il s'agit bien d'une oeuvre à la personnalité suffisamment marquée, toute à la fois contemplative, irréelle, religieuse et hypnotique -sur ce point la qualité dronesque de certains morceaux et ces quelques arpèges de piano y sont aussi pour quelque chose. L'orientation générale de l'album et sa relative "tempérance", si on le compare au caractère abrasif et exacerbé d'un Nacht ou d'un Winterkält fait qu'on n'y atteint pas les sommets vertigineux dessinés par la musique de PDH. Mais celle de Monument est suffisamment bonne, originale et inspirée pour mériter de faire un tour dans vos oreilles. Wrnlrd meets Wintherr, en rêve. Les amateurs de black/ambient y trouveront certainement leurs comptes, et même les plus réticents au genre pourraient être séduits par la magnifique piste qui clôture ce I, un de ces instants balayant en quelques notes toutes les velléités à retranscrire l'expérience musicale à travers le prisme des mots, ces minutes pleines d'espoir capables de revigorer la passion qu'on croyait refroidie pour un phénomène aussi fascinant et bouleversant que la Musique. Autant vous dire que je ne me fous pas de vos gueules.
Site du label: http://www.solnieve.blogspot.com/
Télécharger l'album sur le lastfm du groupe ou bien ici.
22/05/2011
Fushitsusha - Purple Trap (1996)

The Wound That Was Given Birth to Must Be Bigger Than The Wound That Gave Birth
Encore un cadeau de DukeOfPrunes, made in Keiji Haino.
20/05/2011
Keiji Haino - 魂の純愛 (Soul's True Love, 1995)

This 4-CD Boxset features rare live and studio materials from three Keiji Haino's projects. It was *probably* limited to 500 copies.
Overall a must-have collectible item. If you like it raw.
Pour continuer dans la série d'articles consacrés à l'homme aux lunettes noires, voici un superbe cadeau au business de la part de DukeOfPrunes, spécialiste ès Haino. Cliquez sur l'image principale pour le télécharger.



16/05/2011
Keiji Haino - 慈 (Affection, 1992)
Tuerie mi-acoustique/mi-électrique de l'homme aux lunettes noires, chantée d'une voix indéfinissable. Une heure, une piste, avec pas mal de répétitions obsédantes. La fin est juste ahurissante d'intensité, avec un mur sonore dressé par des guitares extra-terrestres. Ce type a été reconfiguré à sa naissance, y a des branchements reliés à des prises pas faites pour, il respire l'air d'autres planètes, c'est pas possible autrement.
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